L’invitée : Laure, des Filles Du Vendredi

Je suis très heureuse de vous partager ma jolie rencontre avec Laure, une couturière – tricoteuse passionnée et lumineuse, et la discussion que nous avons eue sur la constitution d’une garde-robe fait-main, le graal de beaucoup de couturiers/ières.

Ceci initiera, je l’espère, une nouvelle série d’articles récurrents autour de mes rencontres – je ne me hasarderai néanmoins pas à m’engager sur une périodicité – destinés à alimenter votre propre réflexion et vous faire découvrir des personnalités qui me plaisent.

 Le début de l’aventure dans le DIY

La mère et la grand-mère de Laure tricotaient, et elle s’est lancée, étudiante, dans le tricot, qu’elle a ensuite laissé de côté pour s’aventurer vers d’autres types de DIY. C’est quelques années plus tard, une fois adulte, que Laure a littéralement craqué devant une robe Belladone de Deer and Doe. A tel point qu’elle a décidé de se lancer dans la couture (un véritable coup de foudre donc).

Plutôt hardie, elle a commencé par … la couture du jersey. Alors que nous vous le répétons souvent à la boutique ou pendant nos cours : ce n’est pas forcément la technique la plus facile à appréhender au démarrage ! Sa première tenue fait main était donc composée d’un tee-shirt Plantain et d’un short Chataigne, toujours de la marque Deer and Doe (petite incise de la rédactrice ; j’adore cette association que je trouve toujours actuelle !). Et comme ses premiers projets se sont bien passés, Laure a poursuivi son aventure avec la couture.

Ensuite, elle a eu envie d’associer des petits gilets avec ses jolies robes cousues main – comme je la comprends ! – et a donc renoué avec le tricot de son enfance.

Vers une garde-robe cousue main

Dès le départ, la pratique de la couture et du tricot de Laure a donc été associée à un objectif de garde-robe cousue main. Pour elle, au-delà du plaisir de la pratique, c’était aussi un moyen d’éviter d’aller les magasins ou elle avait du mal à trouver des vêtements qui s’adaptaient à sa morphologie (comme moi, elle mixe plusieurs tailles) et de favoriser une relation apaisée avec son corps. C’est la magie de la couture…

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Au-delà, la couture et le tricot ont changé son rapport aux vêtements ; elle a pris conscience du temps nécessaire pour fabriquer un vêtement, de la nécessité de soigner ses finitions pour qu’il dure, et plus généralement de la valeur– concept bien différent du prix – associée à chaque pièce.

Aujourd’hui, la quasi-totalité de sa garde-robe est faite maison. Si quelques pièces restent parfois achetées, ce n’est pas parce que des difficultés techniques la rebuteraient, mais plutôt par manque de temps : parfois, on a juste besoin d’un jeans maintenant, et on ne peut matériellement pas prendre le temps de le coudre.

Le déclic

Au fil du temps, Laure a constaté que certains de ses projets – qu’ils soient cousus ou tricotés – avaient tendance à rester au fond du placard. Elle s’est penchée sur cette contradiction apparente : elle avait pris du plaisir à coudre ou tricoter le vêtement, et dans l’absolu, il lui plaisait mais chaque matin, son choix allait immanquablement vers quelque chose d’autre.

La réflexion lui a pris du temps, le déclic s’est fait progressivement, mais elle a réussi à identifier les critères lui permettant de choisir des patrons et des tissus / des laines qui garantissaient in fine que le vêtement sera porté. Cela a impliqué des renoncements : difficile de se dire que ce joli tissu que l’on conserve précieusement depuis plusieurs années dans son stock ne sera jamais cousu car il ne correspond pas à nous, à notre mode de vie, à nos couleurs… Mais Laure a dépassé cette frustration et m’a dit que finalement elle est contente de se séparer d’un vêtement qu’elle ne porte pas – même cousu main – car l’essentiel est qu’il soit porté. Et si cela doit être par quelqu’un d’autre, ce n’est pas grave ; elle trouve même cela plutôt libérateur.

Aujourd’hui elle en a fait son métier : elle s’est formée et a créé Les Filles du Vendredi pour pouvoir aider les femmes à se construire une garde-robe – parfois en la fabriquant de leurs propres mains – dans laquelle elle se sentent bien et qui leur correspondent. L’originalité de son approche est qu’elle associe à la fois le conseil en image « classique » avec ses compétences de couturières pour apprendre à choisir des patrons et les adapter à sa morphologie. Avec l’idée qu’une garde-robe raisonnée, qui nous va, ça ne veut pas forcément dire une garde-robe minimaliste tout en tons neutres et en basiques : il est possible de se construire une garde-robe colorée et originale correspondant à notre style de vie, sans profusion inutile.

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Pour poursuivre cette lecture, n’hésitez pas à aller lire les articles de Laure sur son blog et à découvrir son compte instagram @lesfillesduvendredi